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Nouvelles alliances et prochaines occasions de développement territorial

21 sept.
3 min de lecture

Le rapprochement entre le Canada et l’Europe semble progresser rapidement. Suffisamment en tout cas pour qu’il mérite notre attention. Il ouvre des marchés, bien sûr, mais son effet le plus structurant se trouve ailleurs. Les partenaires veulent sécuriser leurs approvisionnements, leurs capacités industrielles et certaines technologies devenues stratégiques.



Les échanges portent déjà sur les minéraux critiques, l’énergie, la défense, l’intelligence artificielle, le calcul avancé, l’espace et la recherche. La France travaille aussi avec le Canada dans des secteurs qui rejoignent directement l’économie québécoise, dont l’aérospatiale, le nucléaire, le numérique et les minéraux critiques.


Ce mouvement arrive au moment où l’Europe cherche à réduire plusieurs dépendances. Elle veut diversifier ses sources de matières premières, transformer et recycler davantage, puis renforcer sa base industrielle. Le Canada cherche pour sa part de nouveaux marchés et souhaite créer plus de valeur à partir de ses ressources. Le Québec se situe au croisement de ces deux intentions.


De belles opportunités sont à capter pour autant qu’on s’y attarde. En effet, il serait sage que les territoires ajoutent une question à leur diagnostic économique : qu’avons-nous ici qui pourrait devenir stratégique pour cette alliance?


Un gisement peut être le premier maillon d’une chaîne qui comprend la séparation, le raffinage, les matériaux, les composants et le recyclage. Une forêt peut fournir des fibres, des résidus, des biomatériaux ou des molécules capables de remplacer un intrant vulnérable. Un parc industriel peut offrir une combinaison recherchée d’énergie bas carbone, de terrains, d’infrastructures, de compétences et de proximité avec la recherche.


Cette lecture change aussi la veille économique. Suivre les annonces générales ne suffit plus. Les équipes doivent observer les investissements industriels, les appels d’offres, les programmes de recherche, les nouvelles normes, les ententes d’approvisionnement et les secteurs où les entreprises cherchent activement une source plus fiable. C’est souvent là que la future géographie industrielle apparaît, avant même l’annonce d’une usine.


La connaissance du territoire demeure le point de départ. Elle gagne maintenant à être reliée aux dépendances des autres. C’est ce croisement qui permet de repérer les maillons à consolider, les entreprises à accompagner, les partenaires à approcher et les actifs à préparer.


Des actions concrètes pour les territoires


  • Documenter le patrimoine productif : entreprises, ressources, technologies,

    infrastructures, énergie, compétences, foncier et actifs immobiliers.

  • Choisir deux ou trois chaînes de valeur où ces actifs peuvent répondre à une

    dépendance canadienne ou européenne clairement identifiée.

  • Mettre en place un radar léger pour suivre les investissements, normes, programmes, contrats et partenariats qui touchent ces chaînes.

  • Repérer les maillons manquants et décider lesquels méritent une démarche d’attraction, un projet de transformation ou un partenariat de recherche.

  • Préparer une courte liste d’entreprises à soutenir et de partenaires européens à

    approcher au cours de la prochaine année.

La France constitue une porte d’entrée naturelle, mais la lecture doit couvrir toute l’Union

européenne.


Les prochaines occasions appartiendront aux territoires capables de comprendre

rapidement où leurs actifs répondent à un besoin réel et de transformer cette lecture en

projets.


Sources principales:


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