Économie de la défense : le Québec mise sur sa part du butin mondial!1
- Geneviève Poulin

- 7 juil. 2025
- 2 min de lecture
Dans un monde sous tension, l’économie de la défense est désormais sur toutes les lèvres. Le Québec ne compte pas rester sur le banc. Alors que l’OTAN pousse ses membres à muscler leurs investissements (3,5 % du PIB pour la défense, 1,5 % en soutien industriel), je lisais dernièrement que notre Premier Ministre François Legault évoque sans détour que « le Québec doit récolter une part importante des retombées canadiennes ». Et pour cause : 40 milliards $ de contrats sont dans les « pipelines » d’ici 2029.
Entre la guerre en Ukraine, les incertitudes américaines et la course aux technologies militaires, le monde réarme et restructure ses chaînes d’approvisionnement. En 2025, plus de 13 milliards de dollars ont été investis par les capitaux de risque dans 400 start-ups "def‑tech". L'Europe crée son propre complexe militaro-industriel, la Corée du Sud devient un géant exportateur, et l'Australie développe un hub aéronautique de 18 400 emplois. Les enjeux sont clairs : Autonomie, sécurité économique, et résilience industrielle.

Fait intéressant à se rappeler, l’écosystème québécois est bien positionné en la matière. À Laval, Sherbrooke, Saguenay, Québec, Longueuil, Mirabel et Montréal les initiatives émergent. Laval annonçait récemment qu’il se prépare activement à devenir un noyau dur de l’industrie militaire — avec une spécialisation en cybersécurité, robotique et technologies immersives. Le nouveau centre d’innovation en Montérégie entend même convertir les technologies militaires pour des usages civils (sécurité, environnement, transports intelligents).
Mais il ne faut pas négliger deux autres territoires à fort potentiel : Sorel-Tracy, avec son expertise navale et ses infrastructures portuaires, pourrait redevenir un maillon stratégique dans la construction ou l’entretien de navires militaires. Aussi Saint-Jean-sur-Richelieu, déjà forte de la présence de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes, dispose d’un ancrage institutionnel et logistique qui pourrait attirer des fournisseurs ou des centres de formation spécialisés. Peut-être de quoi faire se repositionner le présent gouvernement sur le statut de zone d’innovation en sécurité proposée par cette région!
La ministre Champagne insiste : les PME ont tout intérêt à se structurer pour entrer dans cette chaîne d’approvisionnement. Car les grands donneurs d’ordres cherchent de la valeur locale, de la spécialisation et de la vélocité.
Une économie d’écosystèmes, pas de silos
L’économie de la défense est un carrefour d’industries stratégiques : aérospatiale, mécanique, cybersécurité, électronique, navale, optique mais aussi matériaux avancés et fabrication additive. Ces secteurs donnent au Québec ses avantages comparatifs.
Les matériaux avancés (alliages, composites, nanotech) augmentent la performance des équipements.
La fabrication additive permet d’accélérer les délais, réduire les stocks, produire sur demande. Un véritable "game-changer" logistique.
L’opportunité ? Créer un réseau agile, interconnecté, où recherche, innovation et fabrication convergent.
La dynamique actuelle est puissante, mais avec des fenêtres d’opportunités limitées. Les retombées fileront vers des provinces et pays mieux structurées. Si l’écosystème du Québec réussit à tisser une stratégie intégrée, territorialisée et duale (utilisation militaire et civile), il pourrait devenir un leader canadien — voire nord-américain — de la technologie défense.
Le tout avec l’économie endogène du Québec, c’est-à-dire, basée sur des entreprises, des compétences et des talents d’ici.

[1] Ce texte est rédigé à partir de la bibliothèque collaborative et de l’intelligence d’affaires de la firme LGP. L’IA documente de manière générique certaines données.
Avez-vous une question ? Parlez avec nos experts, Consultez notre liste d'expertise concernant le développement industriel au Québec



Commentaires