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  • Ian Smith

Cannabis et marketing territorial pour développement économique

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Ne paniquez pas : je ne suis pas « gelé », ni stoned. Lisez la suite et vous verrez bien que le titre de ce billet a du sens.

L'un des objectifs de ce blogue est d'informer les lecteurs sur des approches intéressantes de développement économique et ce, au-delà des frontières du Québec. Cette entrée particulière nous apporte (encore) l’exemple d'une autre ville envisageant un changement de nom. Mais ce qui est fascinant, c’est de découvrir ce qui incite cette initiative et pourquoi.

Cannabis  marketing territorial Québec

Moffat est une petite ville du Colorado d’environ 100 habitants qui désire changer son nom à « Kush ». (Veuillez noter que le mot « kush » est un terme d'argot anglais pour désigner le cannabis). À première vue c'est assez drôle, cependant il s’avère que c'est une stratégie marketing intelligente. Il est plutôt intéressant que cette suggestion n'ait pas été mise de l'avant par la ville mais bien par l'un des acteurs du secteur du développement économique, un cofondateur de l'Area 420, parc d'affaires de 420 acres basé à Moffat. Ce parc d'affaires abrite 70 exploitations de culture de cannabis ainsi que des entreprises connexes.

L'objectif du changement de nom est de positionner Kush comme un lieu de renommée mondiale pour le cannabis, selon Michael Biggio, un cofondateur du parc d'affaires.

  • Un tel nom permettrait à la commune de disposer d'un outil de marketing territorial et d’une image de marque ou « branding » assez puissant pour augmenter ou promouvoir :

  • Le parc d'affaires comme LA destination pour toutes les entreprises souhaitant devenir un maillon de la chaîne de valeur du secteur;

  • La ville comme lieu de vie et de travail avec l’objectif d’accroître sa population;

  • Le tourisme grâce à un nom sympathique comme « Kush »;

  • La sensibilisation envers la ville grâce aux médias traditionnels et aux réseaux sociaux;

  • Les autres initiatives de développement économique issues des villes voisines.

La ville de Moffat bénéficie de l'activité dans le parc industriel Area 420. En effet, la ville a encaissé 400 000 $ en taxes d'accise, taxes qui provenaient principalement de l’industrie du cannabis.

Alors que le changement de nom est loin d'être chose faite, d'autres parties prenantes soutiennent l'idée. La mairesse de Moffat, Cassandra Foxx, est d'accord avec les changements de nom et de marque de la ville. Anticipant les retombées économiques, la mairesse est en parfaite position pour inciter les autres à voter pour le changement de nom.

Le temps nous dira si un tel changement de nom conduira à la prospérité à long terme. Il y a un risque énorme associé à (re)nommer une ville d'après un produit à la mode comme le cannabis. Alors que les ventes de cannabis devraient dépasser les 33 milliards de dollars d'ici la fin de 2022, la demande de produits à base de cannabis sera-t-elle aussi forte dans 30 à 40 ans ? La ville aura-t-elle besoin de changer de nom quand l'herbe ne sera plus aussi si cool ou acceptable? Il n’y a qu’à constater comment la ville de Val-des-Sources au Québec, anciennement nommée Asbestos, a dû relever des défis de taille quant à son changement de nom alors qu’elle était associée à un produit ayant une connotation négative!

Pour en revenir à Moffat – ou Kush! – je suppose que nous devrons attendre avec un grand sac de croustilles pour le savoir.


 

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